Né à Banyuls-sur-Mer en 1861, Aristide Maillol est l’un des sculpteurs français les plus importants du début du XXe siècle. Durant sa jeunesse, Maillol émet le souhait de devenir artiste et parvient en 1885 à entrer à la section Peinture et Sculpture à l’École des Beaux-Arts.
Déçu par l’enseignement académique, Maillol fait un bref passage par la tapisserie après avoir vu la Tapisserie de la Dame à la Licorne. Il établit un atelier dans sa ville natale et expose régulièrement au Salon de la Société Nationale des Beaux-arts où il envoie des tapisseries, des bois sculptés, de petites sculptures, et des terres cuites émaillées.
Le début du XXe siècle marque pour Maillol un changement dans sa production. Influencé dans un premier temps par Gauguin et les Nabis, il délaisse bientôt la turbulence expressive de la peinture fin-de-siècle pour élaborer un idéal sculptural radicalement différent : simplicité, calme, harmonie des volumes. En opposition consciente à la tension psychologique et à la surface vibrante de Rodin, Maillol recherche un nouveau classicisme fondé sur la plénitude et la clarté. L’historien d’art John Rewald résume parfaitement cette contribution : Maillol « rendit au corps son architecture essentielle ».
Les premières années de ce nouveau siècle correspondent à un reconnaissance critique : en 1902 Ambroise Vollard lui consacre une exposition, il rencontre l’année suivante Harry Kessler qui devient son collectionneur et mécène et surtout, Aristide Maillol rencontre un important succès au salon d”Automne de 1905.
Au fil des décennies, Maillol développe une œuvre d’une grande cohérence : ses figures féminines — nymphes, baigneuses, allégories — ne racontent ni histoire ni psychologie. Elles incarnent une beauté universelle, impersonnelle, exprimée par la pureté des volumes et des contours.
Maillol connaît un grand succès tout au long de la première moitié du XXe siècle, ses œuvres sont présentes dans de grandes collections privées : le collectionneur russe Ivan Morozov l’achète et lui commande trois autres sculptures : L’Été, Le Printemps, Flore.
Maillol se retire à Banyuls en septembre 1939, et revient à la peinture. Il commence sa dernière sculpture Harmonie qu’il ne terminera jamais avant sa mort en 1944. Admiré par Matisse et Renoir, soutenu plus tard par Dina Vierny, Maillol occupe une position charnière entre l’idéal classique et la sculpture moderniste épurée. Par son œuvre singulière, le sculpteur est l’inspiration directe du modernisme du XXe siècle.

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